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PIOM 2: Premières impressions

Publié le par Ricordeau Gwénola

PIOM 2: Premières impressions

Je suis arrivée le 30 mars à Manille et ce qui est frappant lorsqu’on arrive, c’est le nombre incroyable d’affiches, d’autocollants et matériaux de propagande de toutes sortes. Les bus, les jeepneys, les tricycles en sont couverts, les magasins, les simples cantines ou les habitations de particuliers également. Politiquement, ce qui peut sembler plus surprenant, c’est la juxtaposition d’affiches de candidats concurrents (par exemple, les candidats à la présidence Noynoy Aquino et Manny Villar), comme le manque de cohérence partisane (un tricycle avec des affiches d’un candidat du Parti libéral pour le Congrès et d’un candidat du Parti Nationaliste pour le Sénat).
Le 1er mai, j’ai rejoint des ami-e-s militant-e-s de UP (University of the Philippines) et de Karapatan (l’ONG qui organise l’International Observation Mission à laquelle je vais participer à partir de la fin de semaine). Une après-midi dans la chaleur étouffante et la pollution… J’ai rencontré deux candidats au Sénat, Liza Maza (Gabriella – le Parti des femmes) et Satur Ocampo (Bayan Muna). Après plusieurs heures de discours, de chants et de danse, manif vers le pont de Mendiola (qui est, politiquement, aux Philippines ce que la Bastille est à la France). J’ai du mal à savoir où j’ai trouvé l’énergie pour suivre le rythme trépidant de la manif, durant laquelle il fallait régulièrement courir !
Depuis, j’ai rejoint une ville moyenne de Mindoro (une ile au sud de Manille), où j’avais déjà observé les débuts de la campagne électorale en janvier dernier. Le QG de campagne où je logeais déjà en janvier s’est agrandi : il y a maintenant plusieurs dizaines de personnes qui y travaillent, mangent et dorment ! L’organisation est davantage sophistiquée, les équipes diverses : « flying propaganda » (véhicule sonorisé et distribution de tracts), organisation de réunions dans la cour de particuliers, porte-à-porte… et toute la logistique (les repas, la répartition des chauffeurs, etc.).
J’étais hier soir à une réunion publique, avec une bonne vingtaine de personnes. Quelques discours très rapides. Malheureusement, la soirée a été interrompue par une panne d’électricité alors qu’il commençait à y avoir une vraie ambiance : l’un des principaux candidats chantait en duo avec la nièce d’un autre candidat. C’est tout à fait le genre de prestation qu’on attend ici d’un candidat (chanter, danser, raconter des blagues…), mais aussi de ses proches.
Aujourd’hui, j’ai pas mal circulé dans un véhicule de propagande dans des barrios isolés. Ici, l’achat de vote est aussi répandu qu’ailleurs et les prix sont ceux qu’on trouve dans le reste de l’archipel : 300 à 500 pesos (moins de 10 euros) pour un particulier, dix à cent fois plus pour les personnalités susceptibles d’apporter d’autres voix que les leurs… Ici, les candidats distribuent des pompes à eau, de l’alcool aussi (en témoigne une enfant qui a suivi notre cortège en en demandant !). L’équipe que je suis donne aux électeurs un numéro de portable pour qu’ils puissent faire état d’achats de vote, de pression et autre. Pour l’instant, aucun appel…
A suivre…

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