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Programme du colloque de Strasbourg sur les Philippines

Publié le par Ricordeau Gwénola

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Megan Comfort à la MESHS (Lille)

Publié le par Ricordeau Gwénola

Megan Comfort à la MESHS (Lille)

Mardi 1er juin, MESHS, 17h30 - 19h30 (2, rue des Canonniers, Lille):

Megan Confort (Assistant Professor, University of California, San Francisco)
Les sept meilleures années que j'aurais pu tirer : prisonisation et santé publique aux États-Unis [The Best Seven Years I Could’a Done]

La croissance faramineuse de l’incarcération aux Etats-Unis depuis 1973 s’est opérée sur fond de montée de la précarité salariale et de durcissement de la pauvreté urbaine, en raison du retrécissement de l’aide sociale aux démunis (welfare). Conséquence cruelle et parodoxale, le système carcéral est devenu l’institution publique de premier recours pour les populations déshéritées des villes, notamment dans le domaine de la santé. Alors que fait rage le débat politique sur la "réforme" de la couverture médicale (qui exclut 55 millions d’américains et couvre chichement plusieurs autres dizaines de millions), les détenus sont la seule catégorie de la population à bénéficier d’un droit à la santé garanti par la Constitution.
En s’appuyant sur ses recherches sur l’impact au long cours de l’institution pénitentiaire sur les prisonniers et leur famille menées lors des quinze dernières années, Megan L. Comfort discutera de la façon dont le diagnostic et le traitement du sida (virus HIV) intensifie la “prisonisation” primaire des hommes incarcérés et la “prisonisation secondaire” de leurs conjoints en raison des carences d’un système de protection sociale défaillant, chaotique et punitif.

Megan Comfort est maître de conférences (Assistant Professor) au Center for AIDS Prevention Studies de l’Université de Californie à San Francisco, et chercheuse invitée (visiting fellow) au Mannheim Centre for Criminology de la London School of Economics and Political Science. Elle est notamment l’auteure de

C’est plein de mecs bien en taule! Incarcération de masse aux États-Unis et ambivalence des épouses, (Actes de la recherche en sciences sociales, n° 169, 2007)
Doing Time Together : Love and Family in the Shadow of the Prison (Univ. of Chicago Press, 2008).

Pour écouter la conférence: ici.

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PIOM 4: à la recherche des urnes

Publié le par Ricordeau Gwénola

PIOM 4: à la recherche des urnes

Ce matin, le QG de campagne où je réside se réveille au bruit de la nouvelle : les urnes électroniques, qui sont normalement sous la responsabilité de la Comelec seraient chez un particulier, un ami du maire actuel, auquel le clan que je suis compte bien ravir la mairie et les principales fonctions électives locales… Autant dire qu’on entre dans le vif du sujet : la fraude électorale. Le clan ne peut guère s’opposer aux pratiques d’achats de voix, mais là les esprits s’échauffent… Je décide donc de partir à la recherche des urnes, mais j’ai avant rendez-vous avec le maire, cela tombe plutôt bien !
A mon arrivée, à 8 heures, quelques personnes font la queue devant sa porte. Ce sont des pauvres, surtout des femmes. Je retrouve l’une d’elle rencontrée la veille. Elle errait dans la mairie et cherchait, comme moi, à voir le maire. Son affaire était bien plus sérieuse que la mienne : elle a besoin de 1500 pesos (25 euros) pour payer ses frais médicaux car elle a une tumeur à la gorge. Son mari est laboureur, elle ne travaille pas et ils ont deux enfants. Là voilà qui fait la queue avec d’autres. Être une étrangère/blanche est synonyme de privilèges : on me fait passer devant tout le monde.
Le maire est un homme de 64 ans, gras comme un notable. Il s’exprime dans un anglais approximatif, mais est un très bon acteur. Le clou du spectacle : il sort une enveloppe fermée de sa poche, m’expliquant qu’il vient de la recevoir de vendeurs du marché, qui veulent l’aider dans sa campagne car ils savent qu’il est pauvre. On croit rêver… Il l’ouvre, compte les billets… 5000 pesos (80 euros). Les met dans sa poche. Voilà comment il veut me convaincre qu’il n’achète pas ses électeurs ! Ce serait bien le seul politicien à empocher de l’argent pendant sa campagne… Il doit me croire bien naïve : il me dit que son salaire, y compris les diverses primes, s’élève à 25 000 pesos (la moitié de la vérité !). Il m’explique qu’il vient à son bureau à pieds (alors que la mairie a, ces dernières années, acheté plusieurs superbes jeeps). Qu’il ne fait pas campagne, car il n’a pas le temps avec toutes ses obligations actuelles de maire… La preuve ? Les gens qu’il doit recevoir et qui attendent devant sa porte ! Il dit sans rire qu’il n’a jamais connu un cas de fraude depuis qu’il est entré en politique il y a plus de 30 ans et que l’achat de votes n’existe pas ici. Hormis ces mensonges éhontés, ce qui est frappant, c’est son absence de programme. Ou plutôt si, il en a un : faire de cette ville une « city » et non plus une « municipality ». C’est sa « vocation », si « Dieu le veut ». Impossible de tirer de lui autre chose. A part qu’il sera, la dernière nuit et le « jour J », dans un endroit sécurisé (« safe house ») car il craint ses adversaires. Il me foutrait presque les jetons !
Ensuite, je retourne au bureau de la Comelec. Le responsable me reçoit. Il est bien plus optimiste que les membres du clan qui espèrent les premiers résultats vers minuit (le scrutin se termine à 6 heures du soir) : il pense disposer des résultats locaux à 7 heures. Par contre, il est résigné au sujet de l’achat et de la vente de voix, pourtant punissables de plusieurs années de prison : ce sont des pratiques traditionnelles… Mais lui et les trois employés qui veillent sur le scrutin de plus de 40 000 électeurs ont des soucis : les machines électorales sont bien arrivées, mais les cartes (programmes) qui doivent être adaptées aux bulletins de vote locaux sont à refaire… Ils ne les attendent pas avant la veille du scrutin et craignent même qu’elles n’arrivent que quelques heures avant. Or il faut introduire les cartes, puis sceller les machines, avant de les disposer dans la cinquantaine de bureaux de vote. Dans le bureau, les institutrices recrutées pour superviser les élections viennent chercher leur accréditation, elles sont souvent avec leurs enfants car ce sont les vacances en ce moment. Je décide d’aller voir les machines et dans quelles conditions elles sont entreposées.
Direction : la principale école élémentaire de la ville. Le responsable du futur bureau de vote me reçoit. C’est un employé administratif de l’école et je l’interromps dans son travail de comptabilité. Entretien en tagalog. « Si Dieu le veut, les élections se dérouleront bien ». Ambiance plutôt détendue jusqu’à ce je demande de voir les machines. Il refuse, disant que c’est interdit, que les militaires ne laissent personne approcher. Je fais semblant de ne pas comprendre, me lève et le remercie pour son aide. Il me suit de mauvaise grâce, on s’arrête pour parler à des institutrices… Nous arrivons finalement devant la salle de classe où sont entreposées les urnes. Il y a un policier et deux militaires en uniforme. Un jeune plutôt avenant, l’autre beaucoup moins et taiseux de surcroit. Deux hamacs sont installés devant la salle, dans l’un, un militaire quasiment en slip, et sont assis ici également trois hommes dont je n’arrive pas à savoir la fonction. On me reçoit amicalement, mais bon, l’ambiance militaire et moi…
Je rejoins le cortège du clan, qui se trouve au marché (avant-hier le « dry », hier la viande et le poisson, aujourd’hui les légumes). Discours, chansons… Puis nous partons pour un barrio isolé où une bonne quarantaine de personnes nous attendent sous un manguier géant. C’est bien peu pour se protéger de la chaleur. La fille du clan déclare d’ailleurs forfait assez vite et doit rentrer à la maison. Deux heures de discours et de chants, l’équipe est au bord de l’épuisement lorsque nous rentrons. Surtout que lors des déplacements, nous sommes sur les plateformes de camions sur lesquelles des bancs ont été installés : non seulement il faut se protéger du soleil par des cartons, mais il faut aussi supporter les jingles diffusés bruyamment et les à-coups du transport sur les chemins non goudronnés.
La campagne met les corps à l’épreuve ! Je n’avais jamais été ici pendant la saison la plus chaude et je n’avais jamais vu comment les philippins peuvent s’interpeler sans cesse par des « mainit, diba ? » (« fait chaud, hein ?). Les hommes finissent généralement la soirée en buvant de l’alcool, supposé « faire partir la fatigue ». La chaleur veut dire aussi toute une organisation pour les nombreuses douches que les uns et les autres doivent prendre (souvent quatre par jour pour les femmes), mais aussi les tee-shirts aux couleurs des candidats que chacun-e porte. C’est une centaine de tee-shirts propres qui doivent être chaque jour à la disposition des candidats, des membres du clan et de leurs supporters.
Fin de journée passée au QG du clan, avec le « superviseur » (et comptable) : il reste 24 /24 à la maison, armé de plusieurs portable et à part le matin et tard le soir lorsqu’il parle aux « troupes », il est le reste du temps dans une chaise longue de laquelle il répond aux appels et manipule de grosses sommes d’argent. Le QG du clan s’occupe également en ce moment de préparer ses observateurs qui seront disposés dans les différents bureaux. Il faut préparer plus d’une centaine de kits avec leurs instructions, leurs cartes officielles sur lesquelles ils doivent accoler leur photo, etc. Un gros travail… Chaque observateur recevra 1000 pesos (18 euros) du Parti qui soutient le clan.
Le bureau de la Comelec m’a fourni le guide officiel de la tenue du scrutin. Un des points que je découvre porte sur l’assistance aux illettrés. Ils sont censés être signalés sur les listes électorales, mais celles que j’ai consultées n’indiquent aucun illettré… ce qui est statistiquement hautement improbable dans ce coin. Selon les textes officiels, les illettrés ont le droit d’être assistés pour remplir leur bulletin par un membre de leur famille (jusqu’au quatrième degré de parenté !), un assesseur (institutrice) ou un membre de leur foyer.
Voilà, c’es tout pour aujourd’hui !

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PIOM 3: la campagne électorale à Mindoro

Publié le par Ricordeau Gwénola

PIOM 3: la campagne électorale à Mindoro

La campagne se déroule à un rythme effréné : réunions, porte à porte, événements divers et variés auxquels il faut participer… Tout à l’heure, en fin d’après-midi, quand la vie reprenait son cours lorsque l’air se rafraichissait, au marché, pas une seconde sans qu’un convoi électoral ne passe et ne diffuse sa propagande ou ses chansons : le vote étant plurinominal, on a ici, par exemple, 25 candidats à la fonction de conseiller municipal qui mènent campagne… Mais il y a aussi tous les autres candidats à des fonctions locales : maire (seulement deux candidats), vice-maire (trois candidats), gouverneur (deux candidats), vice-gouverneur (trois candidats), membre du conseil gouvernemental (une quinzaine de candidats), député (7 candidats). Plusieurs dizaines de candidats sillonnent donc la municipalité, avec leurs divers véhicules de propagande (jeepneys, tricycles, voitures…), leurs dizaines de partisans… Et comme si cela ne suffisait pas, à tout cela s’ajoutent les campagnes nationales à la présidence (dix candidats), à la vice-présidence (huit candidats), au Sénat (une soixantaine de candidats) et les quelques 180 partis autorisés à brider les 50 sièges du Parlement réservés à la représentation des partis… Bien sûr, tous n’ont pas les moyens de mener campagne nationalement !
Je continue à suivre la même équipe électorale qui entoure le clan familial qui m’a invité ici. Si le travail de terrain est principalement fait par les hommes, ce sont les femmes qui gèrent l’intendance et surtout le travail bureaucratique : la surveillance du déroulement du scrutin lui-même. Cela implique en amont un lourd travail de vérification des listes électorales, puis le déploiement, pour le « jour J » de « pollwatchers » sympathisants (au minimum deux par bureau). C’est sur 40 000 votants et 35 bureaux de vote que veillent les femmes… On leur demande aussi de chanter dans les meetings… Aux hommes, les longues soirées à coup de Tanduay et de San Miguel (liqueur et bière).
Nous sommes à moins d’une semaine du scrutin et une des églises locales les plus influentes des Philippines, Iglesio ni Christo (protestants) a annoncé localement quel-le-s candidat-e-s elle soutient (soutien est un faible mot, il s’agit de « consignes », très bien suivies). Ici, on dit que Iglesio ni Christo « a » 3 000 votes.
Hier matin, j’ai participé à un convoi. Nous sommes allés dans différents quartiers, l’une des membres de l’équipe lisait un discours d’une dizaine de minutes à chaque arrêt, pendant qu’un autre distribuait des tracts. C’était assez fatigant et puis j’avais l’impression d’être une attraction à part entière ! L’après-midi, j’ai assisté à un meeting au marché, où comme la veille, l’un des candidats au poste de vice-maire a chanté avec la nièce d’un candidat à la mairie. Ça plait beaucoup, faut bien le reconnaitre… Encore une autre réunion chez un particulier, re-chanson… Et fin de soirée au meeting d’un candidat pour le Parlement. Là, des jeux permettent de distribuer de l’argent : 200 pesos à celui ou celle qui attrapera tel objet lancé à la foule, etc. Deux cents personnes assistent au meeting, beaucoup d’enfants, et comme d’habitude, on mange gratuitement à ce genre d’occasion.
Aujourd’hui, j’ai essayé en vain de rencontrer les membres de la Commission aux élections. Sont très occupés, localement, mais aussi nationalement, puisque le passage aux urnes électroniques ne se fait pas sans difficultés. Selon des rumeurs persistantes, les élections n’auront pas lieu, ou un second scrutin (manuel) pourrait avoir lieu… J’ai ensuite passé quelques heures au QG du Parti Libéral. Les principaux organisateurs de la campagne de Noynoy Aquino et Roxas (pour la présidence et la vice-présidence) ici sont des cousins de ceux qui m’accueillent ici. L’un est même le parrain de l’une des candidates du clan…
J’ai passé quelques heures au QG, où les pauvres viennent demander de l’argent, mais surtout des dons en nature : des pompes à eau, des toilettes, des lavabos, des médicaments, etc. Mais surtout, trois repas sont servis par jour. Non seulement à la centaine de personnes employées par le Parti ici (le clan que je suis en a une cinquantaine), mais aussi aux pauvres. En l’occurrence, ce midi, une dizaine de mangyans (minorité ethnolinguistique) sont là. Comme ailleurs, les philippins sont racistes, et ils leur servent du simple riz, alors que nous mangeons de la viande et du poisson.
Les responsables du Parti Libéral sont désarmants lorsqu’ils évoquent ces pratiques : ce n’est pas de l’achat de voix, non, ce sont les pauvres qui « tirent profit » des élections ! Le Parti n’a d’après eux pas les moyens ici de proposer aux électeurs de les conduire « gratuitement » aux bureaux de vote. Toujours est-il qu’il arrive souvent que les mangyans comme les autres minorités soient « parqués » (et descendus des montagnes) quelques jours avant l’élection et instruits de la manière dont ils doivent voter…
Cet après-midi, nouveau meeting au marché, puis rendez-vous avec le vice-maire, qui fait aussi campagne. Il est en politique depuis 1995. Son père a été maire. Comme au bureau du Parti Libéral, il est très difficile de comprendre quel est le programme des candidats. D’ailleurs, la plupart des tracts que j’ai recueillis depuis mon arrivée expliquent bien davantage l’histoire familiale et les études que les projets des candidats. Les grands-parents sont fréquemment évoqués, les frères et sœurs, enfants, etc., leur parcours scolaire et professionnel. La fille du clan (que je suis) qui est candidate pose ainsi sur son affiche avec son grand-père, un juge influent dans la région. Ce qui compte pour les candidats, c’est d’être considéré comme « matalino » (intelligent) et « malakas » (fort). Que ce soit sur le marché ou avec les domestiques du clan, on me répète souvent que si Noynoy est apprécié, c’est qu’il a fait ses études aux USA (donc « matalino ») ou qu’il est « proches des Américains » (donc « malakas »). Gibo, le candidat soutenu par la présidente actuelle, GMA, a aussi la réputation d’être intelligent, malheureusement pour lui, GMA est la présidente la plus haïe de l’histoire nationale ! Les tao (« gens du commun ») connaissent en fait peu de choses sur ces candidats. Tout à l’heure, je discutais avec deux domestiques. L’une ne savait pas qui était Noynoy…
Du point de vue policier, la situation est plutôt calme ici. Bon, le mois dernier, y eu un meurtre à une vingtaine de kilomètres d’une personne impliquée dans la campagne, mais tout le monde est d’accord : ici, c’est calme. Il faut mettre un bémol, car du côté des femmes, il y a davantage d’anxiété sur les jours à venir et surtout sur la nuit précédant le scrutin. Le clan et tous ses employés devraient veiller durant toute nuit pour faire des rondes et on me sollicite pour trouver des journalistes français qui viendraient ici et refrèneraient les manœuvres du clan adverse…
Quant à la NPA, elle a tué 11 militaires en février à une trentaine de kilomètres, mais elle n’opère pas sur la municipalité. Les affiches de Satur Ocampo et Liza Maza sont régulièrement recouvertes d’inscription les assimilant à la NPA et j’ai même vu des affiches spécialement faites pour mettre en garde les électeurs contre eux.
Pour finir, ici, un maire reçoit un salaire mensuel de 35 000 pesos (550 euros), un vice-maire 25 000 (400 euros). Sans compter les avantages en nature (employés, voiture, etc.). Sans compter surtout l’argent de la corruption. On dit qu’un élu malin peut multiplier ainsi par dix ses revenus… Une fortune propre à échauffer les esprits !

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PIOM 2: Premières impressions

Publié le par Ricordeau Gwénola

PIOM 2: Premières impressions

Je suis arrivée le 30 mars à Manille et ce qui est frappant lorsqu’on arrive, c’est le nombre incroyable d’affiches, d’autocollants et matériaux de propagande de toutes sortes. Les bus, les jeepneys, les tricycles en sont couverts, les magasins, les simples cantines ou les habitations de particuliers également. Politiquement, ce qui peut sembler plus surprenant, c’est la juxtaposition d’affiches de candidats concurrents (par exemple, les candidats à la présidence Noynoy Aquino et Manny Villar), comme le manque de cohérence partisane (un tricycle avec des affiches d’un candidat du Parti libéral pour le Congrès et d’un candidat du Parti Nationaliste pour le Sénat).
Le 1er mai, j’ai rejoint des ami-e-s militant-e-s de UP (University of the Philippines) et de Karapatan (l’ONG qui organise l’International Observation Mission à laquelle je vais participer à partir de la fin de semaine). Une après-midi dans la chaleur étouffante et la pollution… J’ai rencontré deux candidats au Sénat, Liza Maza (Gabriella – le Parti des femmes) et Satur Ocampo (Bayan Muna). Après plusieurs heures de discours, de chants et de danse, manif vers le pont de Mendiola (qui est, politiquement, aux Philippines ce que la Bastille est à la France). J’ai du mal à savoir où j’ai trouvé l’énergie pour suivre le rythme trépidant de la manif, durant laquelle il fallait régulièrement courir !
Depuis, j’ai rejoint une ville moyenne de Mindoro (une ile au sud de Manille), où j’avais déjà observé les débuts de la campagne électorale en janvier dernier. Le QG de campagne où je logeais déjà en janvier s’est agrandi : il y a maintenant plusieurs dizaines de personnes qui y travaillent, mangent et dorment ! L’organisation est davantage sophistiquée, les équipes diverses : « flying propaganda » (véhicule sonorisé et distribution de tracts), organisation de réunions dans la cour de particuliers, porte-à-porte… et toute la logistique (les repas, la répartition des chauffeurs, etc.).
J’étais hier soir à une réunion publique, avec une bonne vingtaine de personnes. Quelques discours très rapides. Malheureusement, la soirée a été interrompue par une panne d’électricité alors qu’il commençait à y avoir une vraie ambiance : l’un des principaux candidats chantait en duo avec la nièce d’un autre candidat. C’est tout à fait le genre de prestation qu’on attend ici d’un candidat (chanter, danser, raconter des blagues…), mais aussi de ses proches.
Aujourd’hui, j’ai pas mal circulé dans un véhicule de propagande dans des barrios isolés. Ici, l’achat de vote est aussi répandu qu’ailleurs et les prix sont ceux qu’on trouve dans le reste de l’archipel : 300 à 500 pesos (moins de 10 euros) pour un particulier, dix à cent fois plus pour les personnalités susceptibles d’apporter d’autres voix que les leurs… Ici, les candidats distribuent des pompes à eau, de l’alcool aussi (en témoigne une enfant qui a suivi notre cortège en en demandant !). L’équipe que je suis donne aux électeurs un numéro de portable pour qu’ils puissent faire état d’achats de vote, de pression et autre. Pour l’instant, aucun appel…
A suivre…

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PIOM 1: observer les élections

Publié le par Ricordeau Gwénola

PIOM 1: observer les élections

Je participe au PIOM (People International Observation Misson), une équipe internationale qui observera le déroulement des prochaines élections générales philippines.

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Les funérailles de Cory Aquino

Publié le par Ricordeau Gwénola

Les funérailles de Cory Aquino

à lire dans le dernier numéro d'Hérodote:

Corazon Aquino est décédée le 1er août 2009. Les hommages unanimes qui lui ont été rendus ont souligné ses mérites à la fois dans sa vie publique et privée. Ses funérailles sont l’occasion d’examiner les principales images du mythe qu’elle incarne : le martyre de son mari, la « simple ménagère » tout de jaune vêtue défiant le dictateur Ferdinand Marcos et la révolution pacifique de 1986. Retracer le parcours politique de Cory Aquino permet de réévaluer la transition démocratique post-Marcos. Nous exposons donc un bilan critique de sa présidence, en confrontant les espoirs suscités par sa candidature aux progrès politiques et socio-économiques permis par son exercice du pouvoir. Nous expliquons enfin les raisons de l’unanimité des hommages qui lui ont été rendus aux Philippines, qui semblent surtout articulés au rejet populaire des trapos (politiciens traditionnels) et au consensus des élites contre l’actuelle présidente, Gloria Macapagal-Arroyo.

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Leur évasion comme plaidoyer...

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Recension

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Recension

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